Revenons un peu en arrière, avant la GT40. En janvier 1963, le coupé Mark 6 GT est dévoilé par Lola au Racing Car show de Londres (photo). Dès le début la voiture fait une grande impression car elle renvoie la concurrence à l’âge de pierre ou presque. Surbaissée, racée, à côté de la Mk 6 même les Ferrari semblent faire pale figure.
Si la voiture a été conçue pour courir en endurance, Lola cars et Eric Broadley ont un “léger” souci : ni l’entreprise ni son responsable n’ont suffisamment de moyens pour produire les 100 exemplaires alors recquis par le règlement (lesquels passeront par la suite à 50) pour l’homologation GT. Toutefois la voiture est motorisée par un bloc V8 Ford de 4,2 litres de cylindrée, dérivé en droite ligne de celui du Ford Fairlane.

Comme nous le disions dans le précédent billet, à peu près à la même époque, Ford envisage d’inclure Ferrari à son groupe. Mais les tractations sont aussi longues que complexes et au final Ferrari claque la porte, opposant une fin de non recevoir à Ford, prenant pour motif le montant du budget course accordé -le terme quémander serait plus approprié selon certaines sources…-
Suite à l’affront que Ferrari à fait à Ford, ce dernier cherche alors à s’imposer là ou Ferrari truste les podiums, à savoir en endurance. Ford n’a pas les moyens de ses ambitions au sens ou cette catégorie de courses lui est complètement étrangère. Il va donc falloir faire appel à de la main d’oeuvre extérieure, Lotus, Cooper et Lola sont sollicités.
Lola est finalement retenu, car la Mark 6 GT présente deux avantages : elle est motorisée par un bloc Ford, c’est également un véhicule qui présente toutes les caractéristiques d’une voiture de course innovante. En échange d’une jolie petite somme, Broadley s’attable à sa tâche, concevoir la Ford qui permettra au constructeur américain de dominer les courses d’endurance. Il s’inspire directement de la Mark 6 GT,mais en dépit de la filiation directe, ni le badge de Lola ni le nom de Broadley ne figureront dans les dossiers de presse Ford consacrés à la GT40.
Ainsi la petite équipe européenne de la FAV ou Ford Advanced Vehicles s’établit à Slough, à deux pas de l’aéroport de Londres Heathrow. Bien que la Lola permette de dégrossir une grande partie du travail, l’équipe ne chome pas : elle travaille pour ainsi dire jour et nuit pour rester à la fois dans les délais et présenter à la date dite un prototype conforme au cahier des charges Ford.
Seulement voilà, le patron du FAV, Roy Lunn, n’est pas vraiment du genre diplomate. Broadley se voit traîter comme un simple ingénieur et, lassé de l’ambiance délétère, il finit par reprendre sa liberté un an avant l’expiration de son contrat. Il va alors s’orienter vers l’étude de la future T70…